L’impossible et pourtant si certain voyage sur Mars
Pierre Barthélémy
17 juillet 2026
L’envoi d’astronautes, aspiration logique d’une humanité cherchant à repousser ses frontières,
se heurte à un milieu profondément hostile et à des contraintes techniques colossales.
A l’heure actuelle, le vol aller vers Mars prend de huit à dix mois. [...]
Pour éviter d’être confiné « à peu près trois cents jours dans le volume d’une Fiat 500 »,
il faut assembler, en orbite terrestre ou lunaire, un « train » spatial,
et le ravitailler en carburant avant d’allumer les moteurs pour se propulser vers Mars. [...]
Mais admettons qu’on y arrive.
L’engin le plus massif jamais posé sur Mars est le rover Perseverance (un peu plus de 1 tonne) [...]
« Il faut s’imaginer poser 15 ou 20 tonnes.
C’est un tout autre défi, une tout autre architecture.
Pour freiner, ce ne sont pas des parachutes et des rétrofusées.
Il faut d’énormes boucliers thermiques que l’on va gonfler ».
Mais admettons qu’on y arrive.
Au bout de quatre semaines, il faudra déjà songer à repartir –
la prochaine fenêtre de retour vers la Terre ne s’ouvrira que cinq cents jours plus tard.
Rien n’est jamais reparti de Mars !
La mission de retour d’échantillons martiens Mars Sample Return
(300 kg) qui devait tenter l’opération a été annulée.b
Que sera-ce pour une capsule habitée de plusieurs tonnes ?
Sans oublier qu’il aura fallu produire in situ tout ou partie de son carburant.
Donc, des robots-mineurs et une petite usine alimentée par une minicentrale nucléaire.
Mais admettons qu’on y arrive.
Huit mois plus tard, les astronautes seront-ils encore vivants ?
Les radiations, peuvent casser l’ADN, mais aussi tuer les astronautes,
par exemple après une puissante éruption solaire.
Le vaisseau doit donc comporter une sorte de chambre blindée.
La Station spatiale internationale (ISS) reste en grande partie
sous la protection du champ magnétique terrestre.
« En microgravité, il y a un surplus de liquide dans la tête,
ce qui augmente la pression dans le crâne,
joue sur la forme des yeux et aussi sur la rétine [...]
Dans le pire des cas, certains des astronautes risquent d’arriver aveugles… »
20 minutes de délai dans les communications.
« L’impact émotionnel et le sentiment de solitude seront énormes »
Article,
Le Monde, 2026